"Deviens qui tu es"
Comment peut-on devenir ce que l'on est? L'idée du devenir implique-t-elle un changement?
En réalité nous sommes toujours des êtres en devenir, notre identité est en perpétuel mouvement. Nous nous émancipons de certaines craintes, de certains déséquilibres pour découvrir ce qui se cache dessous. L'émancipation est le moteur par lequel nous découvrons ce que nous sommes. Ce qui peut paraître un changement vu de l'extérieur n'est en réalité qu'une recherche intérieure. Notre éducation, en nous inculquant ses principes rigides, a cassé notre véritable nature. Devenir ce que l'on est, c'est se libérer des effets néfastes de l'éducation pour s'épanouir tel qu'on est vraiment. Devenir qui l'on est, c'est aussi refuser ses faiblesses, non en les refoulant, mais en travaillant dessus jusqu'à ce qu'elles disparaissent.
Ca ne veut pas dire que l'éducation soit inutile. Mais elle est néfaste quand elle assomme l'enfant de dogmes incompréhensibles voire contradictoires. C'est classique dans les familles où la religion joue un rôle important.
Avez-vous déjà remarqué, par exemple, le paradoxe de la pudeur des femmes dans les religions comme l'Islam?
La pudeur est un droit qui implique l'idée que l'on possède et que l'on dispose son propre corps. Or dans l'Islam, la femme ne possède pas son corps ni sa personne puisqu'elle passe de la possession du père et à celle du mari. De plus, la pudeur, pour la femme musulmane, n'est pas un droit mais un devoir dicté par Dieu.
Dépossession de soi et soumission sont l'une des grandes composantes de la religion et de l'éducation musulmane. On retrouve d'ailleurs ce schéma dans le catholicisme, mais je donne l'exemple de l'Islam car c'est celui dans lequel j'ai grandi.
Une telle éducation ne peut que casser et briser l'enfant, et dans ce cas-ci, la femme qui dort en la petite fille. Pour elle, et dans ce cas précis, devenir qui elle est signifie donc passer de l'état de dépossession à celui de possession d'elle-même, de la soumission à l'autonomie.